Joao et Isaac – écrit par Joao

Joao invita donc Isaac et c’est après quelques veillées de mise au point, que les deux compères partent à l’aventure. Le départ de Vitry sur seine emmène les deux baroudeurs à Paris. Austerlitz, Bastille et République ou le Canal Saint-Martin leur ouvre la voie. Les tentes des « enfants de Don-Quichotte » font leur apparition et le trouble est dans les esprits. Aller poser sa tente par plaisir alors que certains le font pour VIVRE ? Après le doute, voici « La Villette » et son bassin ou le Canal de l’Ourcq fait son entrée. Une piste cyclable fait office de tapis rouge, mais parfois le tapis s’effiloche !! Villeparisis marque la pause déjeuner. La beauté du canal est superbe malgré quelques coins sales dans les premiers kilomètres ! Meaux sera le point du jour et le premier camping ! 70 kms pour cette première étape avec les vélos chargés. 30 kg pour "Pépito" et 15 pour "Girouette.

La nuit est belle, mais froide. Les courbatures sont présentent au réveil. Mais le soleil est là. 20° ! Cette journée est marquée par un terrain difficile. Trous béants ! La digue à céder quelques mois auparavant. Ce qui a entraîné de nombreux travaux … Varredes, lizy-sur-ourcq, La Ferté-Milon font l’objet de pauses. Ravitaillements et déjeuner. Une sieste est même improvisée ! Silly-La-Poterie marque la fin du Canal et c’est un retraité de plus de 85 ans qui fait la causette avec les deux jeunes ! Il parle de 1936, des premiers congés payés et de son premier voyage à vélo ! Les deux vélos font 1/5 du poids de l’époque !!!
Pour cette fin de journée et après 60 km c’est dans un bois que se passera la nuit. La tente posée, il faut préparer le coin cuisine , creuser un trou pour le feu et faire provision de bois. Un bon repas, des boisons aux couleurs vives et quelques éclats de rire animent une soirée rythmé par les flammes et les ombres qu’elles provoquent. Ce soir est particulier. Il symbolise l’esprit même du voyage à vélo !!!

Le lendemain il ne s’agit pas de faire le retour mais de récupérer la Marne à Château-Thierry. Le calme de l’eau fait place à la campagne pure et dure avec ses habitants, ses terrains et ses bêtes. Mais très vite l’eau réapparaît ! Un bout de gras et une sieste dans un cadre magnifique redonne une santé de fer. L’esprit s’évade, se déconnecte, part … Plus loin c’est dans un camping niché en haut d’un vallon que les rêves vont se poser. Sur un terrain de foot s’amusent des gamins en attendant le repas du soir… La nuit sera fraîche.

La quatrième étape les emmènent encore le long de la Marne ou les beautés géographiques se succèdent à tour de rôle, délivrant à chaque fois une autre merveille. C’est difficilement que cette fois , le couchage est trouvé. Pas de forets, mais que des bois sauvages ou seules les ronces et les orties ont leur place. Le camping est donné par un copain au téléphone … portable ! Merci la technologie. C’est au terme de 74 km que notre paradis d’un jour est atteint !

Cinquième jour de vadrouille et le retour pointe de plus en plus son nez. Paris se rapproche. Mais personne se presse. De multiples arrêts permettent de savourer cette balade « fluviale ». La Marne rejoint bientôt le Canal de l’Ourcq vers Meaux-Trilport. Et logiquement la bifurcation s’effectue. 80 kilomètres et un beau pâturage en guise de couchette. Pour la dernière fois la tente est posée, le repas pris. Les regards sont lointains. La nuit fait son apparition avec un ciel étoilé en guise de manteau mais personne ne veut se coucher. La veillée sera longue …

On est vendredi et 6 jours après, 68 km pour terminer cette superbe balade. Le bilan est positif pour Isaac et Joao. Ce dernier est habitué aux péripéties, mais son copain lui, hésitant au départ pense déjà au prochain voyage. Le plaisir était là. Le soleil au rendez-vous avec même un coup de soleil !
412 kilomètres en 6 jours. La liberté juste avec des vélos et un peu de folie. Pas de bobos, casse ou crevaison … Une bonne cuite et des souvenirs plein la tête !!!

Quand Pierre-Yves, Bruno et Joao s’en vont en vadrouille dans le parc du Vexin français… – écrit par Joao.

Il faisait gris en ce Jeudi de fête du travail ! Et pourtant cela n’a pas suffit à altérer notre ardeur ! Bruno, Pierre-Yves et moi nous élançons ente 2 averses. Direction le parc naturel du Vexin. Situé à cheval sur les Yvelines et le Val d’Oise, le Vexin offre une beauté entre ses vestiges et la faune et la flore. Nous longeons la Seine de Maisons-Laffitte à Gargenville, en passant par Conflans-Saint-Honorine, Triel-sur-Seine. Après 54 kilomètres et de nombreux arrêts, nous posons notre fardeau (liberté !) sur les flans d’une petite forêt qui a déjà vu notre bosse et nos drôles d’engins plusieurs fois déjà ! Cette première nuit nous essuyons une averse courte. Apéro, repas, discussions et dodo !

Le lendemain c’est plein feu ! Le soleil dore notre peau pour notre plus grand bonheur ! Les routes se succèdent nous offrant des panoramas d’exception et sur des routes d’une beauté incroyable ! Au loin nous apercevons Gisors et son château. Il y a pas mal de calvaires très anciens, marque présente du Christianisme notamment pendant la Renaissance. Chaque village est différent du suivant. Les cimetière nous offrent l’eau pour nos gourdes. Tant mieux car les commerces sont rares, inexistants ! Quelques déchets nous montrent que la civilisation n’est pas loin pourtant…
Vers Marine nous posons notre tente, une nouvelle fois, dans un bois à la limite du sauvage et c’est tant mieux ! Chacun se met à la tâche. L’un nettoie le sol et pose les deux tentes ; un autre ramasse du bois mort, et un autre creuse le trou qui fera office de foyer pour le feu. La nuit est une nouvelle fois fêtée comme il se doit et c’est la tête levée au ciel que nous nous endormons.
Troisième jour ; le soleil nous réchauffe dès le réveil … à 12h00 ! Après presque 2h00 de toilette(sommaire !), de préparation des vélos et nettoyage du camp, nous voici de nouveau sur les routes du Vexin.

C’est pas le Loiret, « c’est pas plat » nous rappelle un monsieur moustachu à la Dali ! En effet ! Mais nous avons de la chance, nous avons plus de descentes que de montées, et ça nous laisse tout le loisir d’admirer le panorama verdoyant. Le soleil tape fort encore une fois, mais ça fait tellement longtemps qu’on attendait ça que l’on prie pour que cela continue !
Nous déambulons de village en village, Bréançon, Theuville, Vallangoujard, Nesles-la-Vallée …Nous atteignons L’Ile-Adam, ville d’Oise, où la guerre à laissé son empreinte. En témoignent les nombreux monuments, noms de rues et autres vestiges. Cela fait trois jours que nous puons comme des rats morts ! Pas grave c’est cool ! Nous nous arrêtons dans un camping, où nous demandons juste à prendre une douche. La modique somme de 4.50 euros est demandé pour le groupe !!!A Nesles-la-Vallée, nous avions demandé à un camping, qui ne voulais pas qu’on prenne de douche sans prendre de nuitée … Tu parles d’une solidarité ! Bref ! Quel pied ! Propres, heureux, soulagés … mais cassés par cette douche, nous enfourchons les vélos pour aller loin de la ville et atteindre la forêt. Nous cherchons un peu cette fois car il y a juste des petits bouts de bois avec la proximité des maisons. A force de persévérance notre bonheur est trouvé. La nuit nous guette, et il est tard lorsque nous posons pied à terre.
Très vite chacun fait ce qu’il a à faire. Pierre-Yves nous prépare un repas incroyable le ragoût de « Bonga-Bonga ». Carotte oignons, piments vert, fromage de raclette et pâtes. Un délice ! Le Cahors acheté tantôt n’est pas au goût de chacun, et c’est dommage … mais la bouteille sera vide en fin de soirée ! Non-loin de notre camp de fortune se trouve un site monolithe avec un caveau extraordinaire. Une visite nocturne est consentie et c’est une belle initiative de la part de Bruno, appréciée de tous…
Je finirais la nuit dans le hamac près du feu ! mes compagnon un peu plus lucides ont réussi à regagner leur tente !

Lendemain une nouvelle fois difficile, mais nous dormons bien en général. Personne ne se sera plaint du couchage. Au contraire. Le sommaire nous suffit, et c’est bien ça que nous étions venus chercher pendant ce séjour…
Une dernière fois, nous attelons les mulets ! Veillons à ne rien laisser derrière nous. La forêt est respectée. Elle nous rend bien service, et nous lui devons bien ce respect. La journée commence par la vue d’une magnifique biche ; puis une descente de plusieurs kilomètres le long de la forêt nous permet d’atteindre l’Ile-Adam. Sur nos cartes nous apercevons l’Oise, qui coule pas très loin. Une fois trouvé, c’est un vrai régal que de rouler sur les berges où une piste cyclable nous offre la sécurité. Ensuite le macadam fait place à un chemin de halage ou des crevasses énormes nous tendent ses pièges. A l’issu de cette balade fluviale, nous arrivons à Auvers-sur-Oise.
On passe par St-Ouen l’aumône et Eragny. Déjà plus urbanisé, plus bétonné, nous nous rendons compte que la fin du voyage est proche. Mais il nous reste encore une bonne trentaine de kilomètres et c’est autant de possibilités. Nous récupérons la Seine à Andresy que nous remontons jusqu’à Conflans. Un dernier repas à emporter pris sur un pont scelle notre sort !
Repus nous faisons le point sur ce week-end généreux par ceux qui l’ont animé. Cette aventure nous aura apporté une nouvelle vision sur l’écologie, la nature et sur nous-même ! Le kilométrage dérisoire, à peine 200 kilomètres, mais suffisant pour notre mode de voyage, nous aura permis de connaître un coin d’Ile de France ou nous avons encore à explorer. Patrimoine architecturale et agricole, cette région présente un aspect rurale plaisant pour ses habitants. Savoir que nous étions relativement proche de Paris, et vivre ce périple avec autant de plaisir, nous paraissait impensable ! Il y a un véritable attrait pour ceux qui aiment la nature.
Le Vexin aura contribué au succès de cette expédition. Je ne suis pas mécontent de mon choix, et mes compagnons de voyage non-plus !
Nous rentrons à Houilles après 10 petits kilomètres. Les souvenirs vont rester à jamais gravés, car ce week-end était attendu de tous. Pierre-Yves, vivait sa première expérience de voyage à vélo. Heureux et décidé à s’équiper sérieusement, il nous a lancé une invitation pour découvrir son bled : la Haute-Marne !!! Quant à Bruno il a d’autres projets futurs... Et moi aussi !